Championne de France de trail court en mars, championne du monde trois mois plus tard, grande gagnante du très relevé circuit Skyrunning, et vainqueur de la MCC de l’UTMB : la Bugiste Clémentine Geoffray a vécu une année 2023 en apothéose. La championne de 29 ans se confie au 1000 pattes.
Quelle a été le secret de ton année exceptionnelle ?
« J’ai lâché prise, je n’avais aucune attente. Cela faisait quelques années que j’avais de bons résultats, mais si j’accrochais une sélection en équipe de France, je n’étais pas en mesure de faire un podium sur le plan international. Cela me semblait très loin. J’ai déjà changé d’environnement, puisque j’habite à Grenoble. Cela m’a fait changer d’état d’esprit : j’étais dans un environnement qui me plaisait beaucoup et, en plus, sans m’en rendre compte, j’ai fait de gros entraînements parce qu’à chaque footing, je faisais minimum 800 mètres de dénivelé positif. Comme je n’avais pas fait beaucoup de compétition les années précédentes, j’avais un corps tout frais, prêt à encaisser de tels entraînements. Mentalement, j’étais plus disponible. Cette somme de petites choses m’a permis d’arriver sur les compétitions en étant très performante. »
Pourquoi es-tu revenue à Ambérieu marathon fin 2023, le club qui t’a formée à la course à pied ?
« Cela faisait quelques années que j’étais licenciée à Chambéry, sauf que je n’avais plus de raison d’y être. Désormais, je vis entre Ambronay, où vivent mes parents, et Grenoble. Je me suis dit : « Pourquoi ne pas revenir dans mon club d’origine ? », sachant que j’avais à cœur de plus rentrer dans l’Ain, pour davantage profiter de mes proches, et m’entraîner. Je vais donc faire le cross départemental, et quelques compétitions locales. Cela me tenait à cœur de représenter ma région d’origine. Par contre, en termes de trails, il n’est pas sûr que j’en fasse beaucoup dans l’Ain. »
Vas-tu aussi proposer des entraînements à Ambérieu ?
« Non, je suis libre de faire comme je veux, et suis toujours entraînée à distance par Philippe Propage. Tant mieux si je peux être présente de temps en temps à Ambérieu, mais je n’ai aucune contrainte à ce niveau-là. »
Que peut-on te souhaiter en 2024 ?
« Le 1er juin 2024 ont lieu les championnats d’Europe de trail à Annecy. Après, je vais aller sur l’OCC, l’une des courses de l’UTMB. Ce seront mes deux gros objectifs de l’année. On peut donc me souhaiter de bien les réussir. »
Que vas-tu changer dans tes entraînements ?
« Depuis septembre dernier, je suis en disponibilité, c’est-à-dire que je ne travaille pas. C’est à la fois un souhait et un concours de circonstances. Je travaille à la Fédération française du sport universitaire, et je ne pouvais avoir un mi-temps sur ce poste-là (elle est directrice régionale pour l’académie de Grenoble, chargée d’organiser des compétitions sportives universitaires, NDLR). D’autre part, je ne me sentais pas de continuer à plein temps, car j’avais envie de me consacrer davantage à la course à pied. Enfin, je m’y suis prise trop tard pour redevenir professeur d’éducation physique et sportive. »
Quel conseil donnerais-tu à ceux qui veulent se lancer ou progresser en course à pied ?
« Pour ceux qui veulent se lancer, je les invite à ne pas avoir peur. Le trail est une bonne manière de se lancer dans ce sport, parce qu’on a plus la notion de plaisir par rapport à l’environnement qui nous entoure. Pour progresser, ce n’est pas le plus agréable, mais au lieu de faire des footings, il faut répéter les efforts, faire du fractionné, à plat ou en côte. Il faut aussi enchaîner les sorties avec du dénivelé. Ma recette, c’est : « Train hard, race easy » (entraînement difficile, compétition facile). »






